Témoignage et conseils : faire une seconde rhéto à l’étranger

Nouvelle stagiaire débarquant fraîchement au SIEP pour quelques mois, j’ai l’intention, du haut de mes 24 ans, de vous faire partager mes expériences (estudiantines ou professionnelles). La première chose dont j’aimerais parler, c’est de mon année sabbatique aux USA, en Caroline du Nord, l’une des meilleures choses qui me soit arrivée. Dans cet article, je vais vous expliquer comment m’est venue l’envie de partir, mais également quelles ont été mes démarches, et quels sont les bienfaits de cette expérience. Comment et pourquoi faire une seconde rhéto à l’étranger ?

Pourquoi partir ?

Il y a six ans, je terminais ma rhéto. C’était une période de ma vie un peu compliquée car j’ai toujours eu un peu du mal avec le changement. Sortir du petit cocon confortable des secondaires, c’est en réalité un vrai saut dans l’inconnu. C’est renoncer à toutes ses petites habitudes pour tenter de trouver sa voie… Et trouver sa voie à 18 ans, c’est pas la chose la plus évident au monde. A 18 ans, on est légalement un adulte, mais rien ne nous parait plus faux et lointain (la question étant : est-ce qu’on devient vraiment adulte un jour, ou ce concept « d’adulte » n’est-il en fait qu’une supercherie ? Vous avez trois heures). Je n’étais pas absolument convaincue de mon choix d’études, j’étais un peu perdue, et surtout, j’avais envie de changer d’air. C’est pourquoi j’ai décidé de partir un an à l’étranger. Cette aventure a changé beaucoup de choses : ma façon de voir le monde, de voir les gens, de voir l’avenir,… Il s’agit d’une expérience que je conseille à tout le monde. Plusieurs formules s’offraient à moi : une année pour prendre des cours de langue, quelques mois de volontariat, ou une seconde rhéto… J’ai choisi la seconde rhéto. Mon objectif n’était pas seulement d’apprendre une langue mais d’apprendre à vivre différemment. Je voulais voir autre chose, rencontrer de nouvelles personnes, découvrir une nouvelle culture. L’option « seconde rhéto » me convenait car elle allait me permettre d’être plongée à 100% dans la culture américaine : j’allais intégrer un lycée américain, participer aux activités extra-scolaires, et passer une année dans une famille.

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Les démarches

Une fois ma décision prise sur le type de programme auquel je voulais participer, les vraies démarches ont commencé, plus ou moins 7 à 8 mois avant le grand départ. Tout d’abord, il a fallu trouver un organisme pour me prendre en charge. Ces organismes sont nombreux et le choix à faire peut être compliqué tellement les possibilités sont larges. Pour choisir, j’ai donc passé des heures sur internet et commandé des tonnes de brochures (qu’on peut demander sur les sites des organismes, qui les envoient gratuitement).

Voici les organismes les plus populaires (ou qui ont le plus attiré mon attention, et cela pour diverses raisons) :

  • Le WEP : Il s’agit de l’organisation la plus active pour les projets interculturels et linguistiques. Plus de 8000 jeunes partent tous les ans avec les programmes du WEP, vers plus de 300 destinations. La force du WEP, c’est la multitude de possibilités qu’ils proposent : il est possible de faire un tour du monde, un stage, une seconde rhéto, du volontariat, des cours de langue, étudier à l’université, partir en groupe, faire jeune fille au pair… Le WEP est un organisme très polyvalent qui sait bien vendre ses projets : un seul petit tour sur le site parviendra à vous donner l’envie de décoller pour l’autre bout du monde. Le choix du pays de destination est garanti (à condition qu’il reste de la place). Les tarifs dépendent de la durée et de la destination : par exemple, une année scolaire aux USA coûte 6650euros.
  • AFS : AFS est une organisation internationale d’échange d’étudiants et de jeunes adultes présente dans plus de 50 pays. Anecdote intéressante : elle a été fondée par des ambulanciers bénévoles après la seconde guerre mondiale, qui voulaient « reconstruire un monde plus pacifique sur les ruines du champ de bataille ». Tout comme le WEP, elle propose différents programmes (elle est surtout connue pour ses programmes scolaires et ses programmes de volontariat). Le point fort d’AFS, c’est le suivi, ils sont particulièrement attentifs à leurs clients et s’assurent que tout se passe bien une fois les participants sur place. Le petit « hic » (qui n’en est pas systématiquement un), c’est que AFS ne garantit pas d’être placé dans le pays votre choix… Le placement est un peu aléatoire, il se fait en fonction du nombre de places, et des résultats scolaires. Les tarifs sont élevés mais dans la moyenne par rapport aux autres organismes: 6900euros pour une année aux USA, 9000euros pour une année en Angleterre, ou 3700euros en Flandre (tout compris).
  • EF : EF – Education First est un organisme qui ne propose pas de programmes scolaires mais plutôt des cours de langue dans les plus grandes capitales du monde. Le plus : les destinations proposées font rêver –Londres, New York, Barcelone, Tokyo,… Les écoles se trouvent généralement en plein centre-ville. Il est possible de loger chez l’habitant mais également sur le campus, ce qui permet de rencontrer d’autres étudiants de toutes nationalités. Le hic : le prix –assez élevé.
  • Le Rotary Club Youth Programs propose aussi des programmes scolaires à l’étranger. Le gros avantage, c’est le prix : cela ne coûte presque rien car il s’agit d’un échange : la famille du jeune s’engage à recevoir lors de son absence un étudiant d’échange d’un autre pays. Le billet d’avion et les frais d’inscription sont payés par l’étudiant, pour le reste, le Rotary prend tout en charge.
  • Information Planet est également un organisme spécialisé dans les secondes rhétos (même si ils proposent aussi d’autres programmes). La force de cet organisme, c’est qu’il a des structures d’accueil dans les différentes destinations proposées. Ils font donc le suivi des étudiants sur place (contrairement à d’autres organismes qui confient leurs participants à des organismes locaux).

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Un autre article sur le blog du SIEP liste tous les organismes agréés par le FOREM (ceux cités ci-dessus sont seulement les plus connus).

Pour ma part, j’ai choisi le WEP. Ce choix s’est fait assez naturellement, car il s’agit de l’un des organismes qui fait le plus parler de lui. Leur siège à Bruxelles est également très accessible et les démarches avant le départ sont très rapides et fluides. Une fois l’organisme choisi, il faut remplir des formulaires sur le site internet et prendre contact par téléphone pour avoir un rendez-vous afin de passer plusieurs tests : tout d’abord, un test d’anglais (relativement basique, les bases enseignées en secondaire suffisent normalement pour le réussir), puis un entretien avec un psychologue qui définit bien avec l’étudiant quels sont les objectifs de l’expérience et quelles sont les raisons de vouloir partir.

Ensuite, vient l’étape un peu plus délicate : il faut payer, car ce rêve a un coût, et pas des moindres. J’admets que c’est l’une des raisons qui m’ont poussée à choisir la seconde rhéto : c’est l’un des programmes les moins chers. Il est cependant possible de recevoir une bourse (voir l’article du SIEP sur les secondes rhétos pour les subsides). Attention également de prendre en compte les frais d’inscriptions, qui ne sont pas remboursés même si votre candidature n’est pas retenue.

Après ces quelques formalités, les vraies démarches commencent : réunions et week-end d’orientation, petit détour par l’ambassade américaine pour donner ses empreintes et recevoir un visa « d’exchange student », signatures d’un tas de documents et de règlements… Et l’attente. En choisissant de partir aux USA, vous acceptez d’être placé dans n’importe quelle ville (ou forêt, champs, montagne,…) du pays. C’est-à-dire que vous pouvez tomber sur une plage de Californie comme dans un chalet dans l’Alaska. C’est l’aventure, la vraie, et il n’est pas question de négocier. L’annonce de la destination et de la famille d’accueil peut arriver très tard, parfois quelques semaines seulement avant le jour du départ.

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Quelques conseils pour faire une seconde rhéto à l’étranger

  • Bien réfléchir au type de programme qu’on veut faire : passer une année dans un lycée américain, ce n’est pas la même chose que de partir soigner des pandas en Chine, ou de prendre des cours d’anglais à deux pas de Time Square. Les objectifs ne sont pas les mêmes. Votre but est-il d’apprendre une langue ? Ou désirez-vous vous immerger totalement dans une culture et découvrir une autre manière de vivre ? Désirez-vous acquérir une expérience professionnelle ? Pour chaque objectif, il y a un programme spécifique.
  • Le fait de partir pendant une année n’est pas une décision à prendre à la légère. Il faut se lancer seulement si on est certain de vouloir vraiment le faire, pour soi-même, et pas pour faire plaisir à papa/maman, pour avoir l’air cool auprès des amis, pour pouvoir poster des photos stylées sur instagram et gagner des followers… Il faut vraiment ressentir un besoin de partir. Un besoin de partir motivé par la curiosité, bien entendu, pas par un besoin de fuir sa vie actuelle.
  • Il est important de s’y prendre tôt pour commencer toutes les démarches si vous êtes décidé. Il y a beaucoup d’étapes et de documents à remplir avant de partir, et tout cela prend du temps et demande beaucoup d’implication.
  • Avant de partir, ne pas se faire de films. Quand on parle de faire une seconde rétho aux USA, on pense tout de suite aux plages californiennes, aux séries TV, on s’imagine une vie du style « Gossip Girl » ou « One Tree Hill », on pense bal de promo, hamburgers, matchs de football, Thanksgiving. J’ai assisté à des matchs, j’ai été au « Prom », j’ai mangé quinze fois mon poids en hamburgers, mais je ne me suis pas dorée la pilule tous les weekends à Malibu Beach, je n’ai pas vécu une vie pareille à celle des personnages dans les séries TV qui passent sur ABC. Il ne faut pas avoir d’attentes et être ouvert à tout, aux bonnes et aux mauvaises surprises. Le souci des organismes d’échanges, c’est la « pénurie » des familles d’accueil : aux USA, elles sont bénévoles. Le WEP (par exemple), accepte la plupart des familles d’accueil et n’est pas toujours très regardant quant à la disponibilité des hôtes, la situation de la maison, de l’école… Il est donc possible de tomber dans une famille qui n’est pas respectueuse ou intéressée par l’étudiant, il est possible de ne pas être très bien suivi sur place par l’organisme partenaire, de ne pas tomber dans une ville très intéressante, de ne pas être placé dans une bonne école… L’important, c’est de faire tout son possible pour tirer le meilleur du pire, pour faire de l’expérience quelque chose d’enrichissant, même si cela ne convient pas aux attentes avec lesquelles on partait. C’est même cette imprévisibilité qui est intéressante. Ce qui m’a fait grandir, personnellement, c’est le fait d’avoir été confrontée à des choses difficiles, à des déceptions, d’avoir dû m’adapter, d’avoir vécu quelque chose de totalement différent de ce que j’aurai vécu en restant chez moi. Je suis sortie complètement de ma zone de confort, et j’ai bien plus appris que si j’avais passé une année à manger des glaces et siroter des cocktails à Malibu Beach entre deux cours de langue (même s’il n’y a évidemment aucune honte à se dorer la pilule à Malibu Beach pendant dix mois, disons le bien, tout dépend de ce que l’on recherche).

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Pas de regrets !

J’ai passé une année aux USA dans un petit coin perdu nommé Bahama, qui ne ressemblait en rien à une île paradisiaque comme Google a voulu me le faire croire quand j’ai tapé pour la première fois ce nom dans le moteur de recherche. J’ai été accueillie par une famille républicaine, très religieuse (l’église tous les samedi à 7h30 du matin, je m’en rappelle encore), pro-Trump, très traditionnaliste et stricte, totalement à l’opposé de la famille dans laquelle j’ai grandi. J’ai suivi des cours dans une école difficile, et j’ai été témoin dans ces couloirs de « gueguerres » entre des gangs. J’ai été choquée, ennuyée, agacée. Mais j’ai également rencontré des gens exceptionnels, qui pensent et vivent différemment. J’ai été immergée dans une nouvelle culture du matin au soir, j’ai appris l’anglais « à la dure » (c’est-à-dire que j’ai eu l’impression qu’on m’a maintenu la tête sous l’eau pendant de nombreux mois et que j’ai bu la tasse quelques fois… Pour en ressortir presque bilingue), j’ai des amis à l’autre bout du monde que je revois encore aujourd’hui, j’ai grandi, j’ai mûri, j’ai appris à vivre autrement, j’ai une nouvelle ouverture d’esprit, une nouvelle dérision sur la vie, un nouveau regard sur notre petite Belgique. Je suis revenue chez moi confiante, sûre de ce que j’allais entreprendre comme études, avec un nouveau regard et la tête pleine de souvenirs. Je suis rentrée de Caroline du Nord avec en moi un immense amour pour la Belgique, et un désir intarissable de découvrir le monde. C’est un ressenti que je souhaite à tout le monde.

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Les témoignages

De nombreux étudiants d’échange tiennent pendant leur échange un « journal » pour informer leur famille de leurs aventures, et faire découvrir aux futurs « exchange students » à quoi ressemble une année à l’étranger. Voici quelques adresses de blogs qui racontent à perfection cette immersion, et que vous vouliez partir ou non, je vous conseille de les lire.

Mon ancien blog (ne me jugez pas, c’était il y a cinq ans, j’ai grandi depuis 😉 )

Les blogs des Exchange Students du WEP

Joséphine Mondry

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