Coronavirus : quel impact sur l’enseignement supérieur ?

Le coronavirus a un impact considérable sur l’organisation de l’année académique en supérieur. Les Universités, Hautes Écoles et Écoles supérieures des Arts voient leur planning chamboulé. Toutes les activités d’apprentissage en présentiel sont suspendues depuis le 14 mars 2020. Faisons le point ensemble sur l’actualité, au fur et à mesure ! Cet article sera régulièrement mis à jour, glissez-le dans vos favoris !

L’impact sur le calendrier académique

ACTU 15/04 

  • Le 10 avril, les universités de Liège (ULiège) et de Bruxelles (ULB) ont annoncé officiellement qu’elles n’organiseront pas d’examens avec présence physique cette année. Les examens pourront prendre différentes formes : examens oraux ou QCM à distance, questions ouvertes, travaux à remettre. Ces modalités seront communiquées aux étudiants au plus tard le 27 avril (comme annoncé dans le communiqué de Valérie Glatigny). L’ULB a annoncé sur sa page Facebook qu’elle mettra à disposition des salles spécifiquement dédiées au passage des examens à distance pour les étudiants n’ayant pas la capacité de les présenter depuis leur domicile (nombre de place limité aux étudiants pour qui cela représente une indispensable nécessité) -une réservation préalable sera nécessaire.

ACTU 7/04

Le 7/04/2020, le gouvernement a décidé d’accorder « de la souplesse » aux établissements d’enseignement supérieur. Le 7 avril, il a été annoncé que ces nouvelles dispositions entreront en vigueur :

  • Sauf nouvelles décisions du Conseil National de sécurité, il y aura bien des épreuves organisées en juin 2020 dans tous les établissements d’enseignement supérieur. Le 27 avril au plus tard, tous les étudiants devront connaître la date de leurs examens et le contenu de chaque évaluation, adapté en fonction des cours suivis en présentiel et/ou à distance. Ils devront également être informés des modalités pratiques (à distance, en présentiel, mixte). Une semaine blanche sera organisée entre la fin des activités d’apprentissage et les examens dans les universités. La mesure sera encouragée dans les Hautes Écoles.
  • Les établissements auront la possibilité de poursuivre le deuxième quadrimestre jusqu’au 10 juillet au plus tard. Cette mesure doit surtout « profiter » aux étudiants en dernière année, de manière à ne pas retarder leur diplomation.
  • Une partie des activités pédagogiques (cours, stages, travaux, mémoires) peut être reportée sur le troisième quadrimestre (en priorité pour les années diplômantes). Cette solution ne devra être mise en place qu’en tout dernier recours, et doit être prise sur base d’une consultation entre corps académique, étudiants, corps scientifique et personnel administratif.
  • Pour les étudiants en année diplômante, la session pourra être prolongée maximum de 4 mois et demi. Il s’agit d’une solution de dernier recours, qui doit être proposée afin de permettre aux étudiants dans cette situation de ne pas devoir payer de nouveaux droits d’inscription.

La ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny a comme objectif d’éviter de faire perdre du temps aux étudiants dans leur parcours académique (et éviter en particulier un retard de la diplomation des étudiants de dernière année). L’objectif des nouvelles mesures est également de garantir l’égalité entre tous les étudiants.

Concernant l’annonce d’un prolongement de l’année scolaire autorisé jusqu’au 10 juillet, plusieurs acteurs ont déjà réagi : le recteur de l’ULB a dit sur la Première qu’il pensait encore possible de finir l’année scolaire dans les temps. La FEF (Fédération des Etudiants Francophones) aurait émis des réserves, craignant que cette situation ne crée des inégalités et ne mette dans l’embarras les étudiants travaillant en juillet pour payer leurs études.

L’impact sur l’examen d’entrée en médecine

Suite aux décisions prises par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles le mardi 7 avril, les épreuves de l’examen d’entrée en médecine et dentisterie seraient reportées aux 28 août et 14 octobre. Les examens étaient censés, à la base, se tenir le 3 juillet et le 28 août : la date du 3 juillet est donc annulée. Les étudiants bénéficieront quand même d’une deuxième chance : la deuxième épreuve se tiendra après la rentrée académique. Le gouvernement précise que ces mesures sont prises « dans une perspective où il serait possible pour les établissements d’organiser des activités pédagogiques et/ou des évaluations en juin/juillet 2020 ». L’ARES travaille à l’actualisation des informations sur leur site : https://www.mesetudes.be/exmd/

L’impact sur les cours

Selon la circulaire 7517 du 18/03/2020, les cours ne sont donc plus organisés en présentiel. Cependant, dans la mesure du possible, les cours sont organisés à distance. L’objectif est de mettre tout en œuvre pour respecter le calendrier académique et l’acquisition des compétences par les étudiants.

La FEF a demandé aux étudiants de répondre à une enquête concernant l’enseignement à distance. Les réactions sont sans appel : près de 60% des 13 000 sondés ne sont pas satisfaits des conditions dans lesquelles se passent les cours virtuels. Pour un étudiant sur 2, les moyens mis en place ne seraient pas suffisants (pertinence pédagogique limitée, problèmes techniques, pas de suivi, fracture numérique…). Les résultats de cette enquête sont à consulter ici. A la suite de cette enquête, la FEF relève donc qu’il est impératif que les étudiants puissent bénéficier de supports écrits et syllabi complets.

L’impact sur les stages

Les stages des étudiants du supérieur sont maintenus et relèvent de la responsabilité du lieu d’accueil du stagiaire. La circulaire 7517 du 18/03/2020 rappelle que la priorité est de limiter la propagation du virus (les employeurs doivent donc prendre leur décision en fonction). Il est également dit que les « services de santé et d’aide aux personnes requièrent un renforcement de leurs effectifs ». A nouveau, la décision revient au lieu de stage, mais on peut s’attendre à ce que les étudiants de ces filières soient réquisitionnés.

Aucun établissement d’enseignement supérieur n’a le droit, actuellement, de suspendre les stages (selon la dernière circulaire, la décision ne leur revient pas). Cependant, les étudiants qui continuent leur stage doivent le faire dans des conditions de sécurité et d’hygiène satisfaisantes. Si ce n’est pas le cas, l’étudiant peut en informer l’école ou l’Université et des dispositions seront prises.

ACTU 7 AVRIL

Le 7 avril, des précisions sont données concernant les stages, qui sont « classés » en deux catégories : les stages « traditionnels » et les stages « réglementés ».

  • Dans le cas des stages « traditionnels » -qui ne concernent pas des professions réglementées par la Commission Européenne : le jury est invité à remplacer ou compléter le stage par des activités pédagogiques complémentaires. Il peut être question soit d’un report du stage (ou d’une partie du stage) au 3ème quadrimestre, soit d’un report du stage lors du premier quadrimestre de l’année académique 2020/2021, soit d’un report du stage pendant l’année académique 2020/2021 (après le premier quadrimestre). Un étudiant ayant déjà réussi au moins 75% du volume du stage prévu par la réglementation pourra également être dispensé du reste du stage par le jury.
  • Dans le cas des stages qui concernent des professions réglementées : les exigences définies par la Commission européenne en matière de stage pour certaines professions réglementées ne seront probablement pas assouplies. C’est le cas pour les métiers de dentiste, médecin, vétérinaire, pharmacien, infirmier responsable de soins généraux, sage-femme et architecte. Dans la mesure du possible, il est donc conseillé de maintenir ou reprendre les activités de stage pour ces études (en donnant priorité aux étudiants en année diplômante). Si un stage ne peut pas être poursuivi : les heures de stages non prestées pourront être récupérées à la suite des études (pour les années non diplômantes) ; le stage pourra être étalé sur le 3ème quadrimestre ; le nombre d’heures journalières où l’étudiant peut être en stage peut être élargi ; ou, en dernier recours, la session pourra être prolongée.

Certains étudiants se sont engagés volontairement pour soutenir les structures de soins de santé. La décision de valoriser cette expérience comme des heures de stage reviendra au jury (dans le respect des prescrits européens et de la législation relative aux stages).

L’impact sur les TFE et mémoires

ACTU 7 AVRIL

Il apparaît que la réalisation de nombreux TFE et mémoires a pu se poursuivre ces dernières semaines ; les échéances ne changeraient donc pas. Cependant, il est tout de même demandé aux promoteurs et aux établissements d’enseignement supérieur de faire preuve de souplesse et d’éventuellement repenser les objectifs des travaux, en prenant en compte que l’accès aux bibliothèques, laboratoires et salles informatiques a été limité ou interdit (certains établissements donnent cependant encore accès à certaines ressources). La collecte de données sur le terrain est également rendue plus complexe : cette difficulté sera aussi prise en compte.

Les étudiants sont invités à prendre contact avec leur promoteur pour discuter des modalités et des objectifs.

Impact sur le service d’allocations d’études

Le service d’allocations d’études n’est plus en mesure de prendre des rendez-vous concernant les demandes de bourses. Cependant, ils restent accessibles par téléphone ou par mail : www.allocations-etudes.cfwb.be

La FEF revendique une simplification administrative et une souplesse pour les étudiants bénéficiant du CPAS ou des allocations d’études. Cette souplesse a en effet été annoncée par le gouvernement. Il n’y a cependant pas encore d’informations officielles sur la manière dont cette « souplesse » va prendre forme concrètement.

ACTU 7 AVRIL

Suite aux nouvelles directives du 7 avril, une aide directe exceptionnelle de 2 285 000 euros est prévue pour aider les étudiants impactés par la crise sanitaire (en plus des subsides sociaux déjà accordés par les établissements). Ce montant peut servir aux élèves qui ne parviennent pas à couvrir leurs frais de loyer, leurs abonnements informatiques, etc. Le but de cette mesure et d’éviter que des élèves soient obligés d’arrêter leurs études à cause de cette crise (qui en précarise beaucoup, entre autres à cause de la perte d’un job étudiant).

Quelques adresses utiles

  • La Fédération Wallonie-Bruxelles met à disposition une ligne téléphonique (0800/20.00) pour répondre à toute question concernant les absences des étudiants, la situation administrative et pécuniaire des membres du personnel ou la prise en charge du coronavirus dans les établissements.
  • La FEF soutient les étudiants du supérieur en cette période de crise.
  • Les services des différents centres SIEP restent opérationnels à distance, sur Facebook, par mail et par téléphone pour répondre à toutes les questions des jeunes concernant les études et l’orientation de manière générale.

 

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