Coronavirus : quel impact sur l’enseignement obligatoire (maternel, primaire, secondaire) ?

Depuis le lundi 16 mars, tous les cours des écoles maternelles, primaires et secondaires sont officiellement suspendus. Les élèves sont automatiquement considérés « en absence justifiée » : il n’y a pas de mot d’excuse ou de certificat médical à rendre à l’école). La crise actuelle du COVID-19 bouscule le calendrier des écoles. Les autorités se voient contraintes à repenser les échéances et les méthodes d’apprentissage. La situation évolue et régulièrement de nouvelles directives sont annoncées. Le SIEP fait le point, au fur et à mesure, sur les différentes mesures prises par le gouvernement concernant l’enseignement obligatoire. Examens, travail à domicile, garderies… N’hésitez pas à revenir sur cet article régulièrement pour rester à jour !

Les dernières nouvelles

AJOUTS/EDIT 6 MAI 

Si toutes les conditions de sécurité et d’hygiène sont réunies, une reprise partielle des leçons pourrait débuter le 18 mai.

La première phase commence le 18 mai :

  • Reprise des élèves de 6ème primaire et des élèves de dernière année du secondaire (6ème et/ou 7ème secondaire).

Après consultation des pouvoirs organisateurs, organisations syndicales et fédérations de parents, une deuxième phase pourra être envisagée le 25 mai. :

  • Reprise des élèves de 1ère primaire (et si possible de 2ème primaire), 1 jour par semaine maximum.
  • Reprise des cours pour les élèves de 2ème secondaire, 2 jours par semaine maximum.

Pendant les deux phases, les élèves seront répartis en petits groupes de 10 élèves maximum.

La ministre insiste sur le fait que la reprise partielle des cours est essentielle pour maintenir un lien social. Une attention particulière est donc donnée :

  • aux années certifiantes et orientantes
  • aux élèves de 1ère et 2ème primaire (ces années étant indispensables à l’acquisition des premiers apprentissages de base)
  • aux élèves ayant des difficultés d’apprentissage
  • aux élèves de l’enseignement spécialisé dont la prise en charge est essentielle (identifiés par l’équipe PMS et pédagogique des établissements)

Aucun élève ne sera sanctionné pour absence injustifiée : la reprise n’est donc pas obligatoire, le gouvernement étant conscient du sentiment de crainte ressenti par les parents et les élèves. Les élèves qui décideront de ne pas retourner à l’école prendront contact avec leurs enseignants afin de pouvoir poursuivre leur enseignement à domicile. Les personnes à  risque sont invitées à consulter leur médecin avant d’envisager une reprise.

Pour les élèves qui retournent à l’école : où, comment, pourquoi ?

Une « rentrée scolaire » en mai est essentielle pour reconnecter les élèves et les équipes pédagogiques. Pour le gouvernement, l’intérêt est de conserver le lien social. Concrètement, comment ce lien social va-t-il faire son retour ? Comment les cours vont-ils se dérouler ? Les classes seront limitées à 10 élèves -chaque élève disposera d’un espace de 4m2 et chaque enseignant d’un espace de 8m2. Les places en classe seront fixes et les locaux seront aérés au maximum. Les cours peuvent également être donnés à l’extérieur. Les horaires d’arrivée et de départ des élèves seront ajustés afin d’éviter au maximum les regroupements de personnes.

A partir de la 6ème primaire, tous les élèves devront porter des masques, et cela tout au long de la journée (de même pour les enseignants). Des masques en tissus seront fournis par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Savon, gel et serviettes en papier seront mis à disposition de tous. Tous les élèves et les membres du personnel doivent se laver les mains en entrant dans l’école, en entrant dans la salle de classe, après être allés aux toilettes, après avoir toussé ou éternué, après avoir utilisé un distributeur et avant de quitter l’école. L’accès aux toilettes sera limité au nombre de lavabos qu’elles contiennent.

Les enfants qui toussent ou présentent des symptômes devront être isolés dans l’attente qu’un parent vienne les récupérer. Ils devront être testés, ainsi que leurs proches.

Les élèves reprenant les cours le 18 pourront apprendre de la nouvelle matière. Cette nouvelle matière doit cependant se limiter aux savoirs de base et aux connaissances essentielles à acquérir pour terminer l’année scolaire. Les expériences dans le cadre des cours de chimie, physique et biologie ne seront pas organisées, vu le type d’interactions qu’elles nécessitent. Les cours d’éducation physique devront être adaptés aux mesures de sécurité et d’hygiène.

L’année scolaire sera poursuivie jusqu’au 26 juin, et les jurys et conseils de classe prévus jusqu’au 30 juin.

La question d’une prolongation de l’année scolaire au-delà du 30 juin n’est actuellement pas envisageable : les syndicats la jugent improbable, car plus de 30 000 enseignants reçoivent leur C4 à la date du 30 juin. Un prolongement serait donc compliqué à mettre en place administrativement parlant (selon la CGSP Enseignement)

Pour les enfants qui ne retourneront pas à l’école

Pour les élèves qui ne retourneront pas à l’école, les modalités d’apprentissage déterminées pendant le confinement restent les mêmes. Des travaux à domicile seront prévus pour les élèves qui ne retourneront pas à l’école. Ces travaux ne pourront pas porter sur des apprentissages qui n’ont pas été abordés préalablement en classe. Ils doivent s’inscrire dans une logique de « remédiation – consolidation – dépassement ».

Ces travaux devront également être proportionnés dans le contenu et le temps à y consacrer. Les enseignants sont invités à tenir compte de l’absence d’accompagnement des élèves (les parents ne sachant pas toujours assumer ce rôle). Les professeurs du secondaire doivent aussi se coordonner entre eux pour que la charge de travail reste raisonnable. Les travaux ne peuvent pas faire l’objet d’une évaluation sommative (pas de notes). L’équipe pédagogique doit s’assurer que :

  • tous les élèves ont le matériel nécessaire pour accéder au travail en ligne ;
  • les supports papiers doivent être mis à disposition des élèves;
  • tous les moyens sont mis en oeuvre pour maintenir le lien social avec tous les élèves.

Mesures concernant les garderies

Les garderies accueillent toujours les élèves ; cependant, le gouvernement insiste pour qu’elles restent une solution de dernier recours, de manière à continuer à appliquer les règles de sécurité et d’hygiène. Elles sont donc réservées en priorité aux parents travaillant dans les secteurs essentiels, ou à ceux qui doivent retourner au travail et n’ont aucune autre solution de garde (il est toujours déconseillé de confier ses enfants à des personnes à risque).

Des voix s’élèvent contre ces mesures, qui peuvent paraître incohérentes : la Ligue des familles regrette que de nombreux parents soient laissés ainsi sans réelle solution. Les modalités du congé parental étudié par le gouvernement ne sont pas suffisantes pour la ligue (mal rémunéré et inaccessible à la majorité des parents).

Mesures concernant les internats et homes d’accueil  

Les internats et homes d’accueil permanents doivent accueillir tous les élèves qui n’ont pas d’autre solution d’hébergement.  

Evaluations et réussite

Tous les examens externes (CEB, CE1D, CESS) sont annulés. Jusqu’au 26 juin, il sera peut-être possible d’organiser des petites évaluations ou bilans internes pour permettre aux élèves de se refaire dans l’une ou l’autre matière où ils auraient rencontré des difficultés passagères. Il est cependant vivement conseillé d’éviter au maximum les évaluations sommatives (sous forme de notes), afin de ne pas creuser les inégalités entre les élèves retournant à l’école et les autres.

Il semblerait donc que les certificats seront délivrés selon la décision des conseils de classe (cela n’entravera donc pas l’entrée dans le degré supérieur). Seront pris en compte les résultats de l’ensemble de l’année scolaire.  Les associations de parents (FAPEO, UFAPEC), ainsi que la CSC-Enseignement et la CGSP-Enseignement approuvent ce scénarioLes jurys et conseils de classe auront lieu jusqu’au 30 juin.

La ministre Désir a annoncé que le redoublement sera exceptionnel : la décision de réussite ou d’échec sera prise après un dialogue entre les parents, enseignants et élèves. En cas de réussite, les enseignants pourront mettre en place des travaux d’été et des idées de remédiation. En cas d’échec ou d’orientation restrictive, les parents et l’élève seront informés de manière détaillée des raisons.

Remédiation pour les élèves en août ?

Le ministre président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Pierre-Yves Jeholet a évoqué l’idée d’une remédiation possible pour les élèves à partir du 15 août. Les enseignants pourraient y participer sur base volontaire. Le ministre fera cette proposition prochainement au gouvernement, rien n’est encore officiel -il semblerait également que de nombreuses voix s’opposent à cette idée, la considérant comme irréaliste.

Les mesures pour l’enseignement qualifiant et en alternance

Les examens dans l’enseignement qualifiant

L’annulation des évaluations externe concerne bien entendu l’enseignement qualifiant également. Les écoles devront communiquer les modalités d’évaluation et de délibération aux élèves le 31 mai au plus tard. Les évaluations basées sur les notes ne doivent pas être concentrées sous la forme d’une session de fin d’année, et si évaluation il y a, elle ne doit porter que sur la matière qui a été apprise en classe.

Le conseil de classe décidera de la réussite ou non d’un élève. Pour prendre une décision, il se basera sur les études antérieures et les résultats préalables à la crise. Le redoublement restera également exceptionnel dans les filières qualifiantes.

La décision d’octroyer (ou non) le Certificat de qualification (CQ) revient au Jury de qualification (autant pour l’alternance que pour les TQ ou P). Si un élève n’a pas pu faire l’entièreté de ses stages, la décision de lui donner son CQ dépendra aussi du jury. Il existe certaines dispositions pour les stages liés à une base légale spécifique. Pour les élèves qui ne recevraient pas leur CQ, le jury de qualification pourrait proposer une prolongation exceptionnelle des études jusqu’au 1er décembre 2020 (pour obtenir le CQ, mais également le CESS).

Les stages en alternance

Depuis le 17 mars, les stages en entreprise sont suspendus. A partir du 4 mai 2020, il pourra il y avoir des dérogations, spécifiquement pour les secteurs considérés comme cruciaux. Les autres entreprises (« non-essentielles ») qui peuvent reprendre leur activité et qui respectent les règles de sécurité et d’hygiène pourront également accueillir leurs stagiaires (sur demande).

Certains stages sont soumis à une base légale spécifique :

  • les stages dans le secteur paramédical ont pu reprendre depuis le 27 avril :
  • Les élèves des options puériculture (5è, 6è et 7è secondaire P) ainsi que l’option « aspirant en nursing » (5-6TQ)  verront le report du stage acté dans leur dossier. Pour les élèves ayant été dispensés, le jury de qualification et le conseil de classe décideront également de remettre au non le CQ.
  • Les élèves de l’option « Assistant pharmaceutico-technique » (5è-6è TQ), un report de stage peut être autorisé pour les élèves, afin qu’ils puissent accomplir les 300 heures obligatoires dans leur option. Il n’est pas possible d’avoir une dispense de stage dans cette option.

Pour les stages imposés par le gouvernement, ils ne reprendront pas cette année scolaire. Les élèves n’ayant pas effectué l’entièreté des heures de stage ne seront pas pénalisés. Le jury de qualification et le conseil de classe peuvent cependant décider d’un report de stage pour les élèves en difficulté (au lieu d’une dispense).

Spécificités pour certaines options

D’autres options sont également soumises à un traitement spécial. C’est le cas de :

  • La 7ème TQ Assistant aux métiers de la Prévention et de la Sécurité : pour cette option, les établissements pourront organiser des cours en présentiel à hauteur de maximum 5 demi-jpurs par semaine, ou maximum 2 journées entières par semaine.
  • L’option Soins infirmiers (4ème degré du secondaire) : pour la 3ème année, les stages pourront être organisés pendant les vacances d’été. Uniquement les élèves inscrits dans l’une des trois premières années du degré en 2019-2020, pourront organiser leurs stages pendant les vacances d’hiver, de printemps et d’été en 1ère, 2ème et 3ème années, jusqu’à la fin du cursus des élèves concernés. Les élèves ayant travaillé de manière volontaire en hôpital ne seront pas d’office reconnues comme des heures de stage, car elle doivent avoir été supervisée par des enseignants… à voir avec le conseil de classe. Des examens pourront être organisés à distance (pour le contenu théorique -il n’y aura pas d’épreuves pratiques)

Les acteurs de l’enseignement sont inquiets

L’annonce de la réouverture des écoles a suscité de nombreuses réactions, autant du côté des élèves, des parents, des enseignants que des syndicats.

Les syndicats du secteur de l’enseignement ainsi que les organisations représentatives des parents s’expriment dans un communiqué commun : « Pas de retour à l’école sans une sécurité assurée pour tous« . Pour ces acteurs de l’enseignement, les jeunes sont considérés comme moins à risque, mais ils ne sont pas immunisés pour autant. Ils restent également des vecteurs de transmission potentielle. Le personnel enseignant, comprenant des personnes à risque, craint également de ne pas être suffisamment protégé. Le secteur s’inquiète d’une relance prématurée des cours qui pourrait entraîner une seconde vague de propagation du virus.

Les mesures prodiguées (4m2 par élève, 8m2 par enseignant, port du masque) ont également été vivement critiquées : de nombreux enseignants pointent l’aspect irréel de telles précautions, les locaux n’étant souvent pas adaptés à une telle organisation. Pour la CGSP Enseignement Bruxelles, la nature des bâtiments ne permettent pas toujours d’arriver à 10 élèves par classe. L’état des infrastructures laisse aussi à désirer, et le personnel d’entretien est actuellement en sous-effectif. Aussi, la CGSP trouve irréaliste l’étape du 25 mai, qui ne permettrait pas d’évaluer l’impact de la rentrée du 18.

Du côté des élèves et des parents, on retrouve des jeunes soulagés à l’idée de pouvoir retrouver leurs amis et leurs professeur… et des parents paniqués par ce retour que certains estiment prématurés. De nombreuses familles ont déjà fait savoir qu’elles ne renverraient pas leurs enfants à l’école.

L’impact du confinement inquiète la Ligue des familles et le Comité des Elèves Francophones, qui craignent que les inégalités scolaires soient encore renforcées. Cette problématique est analysée dans de plusieurs articles, à consulter pour ceux qui se sentent concernés : 

Cet article est mis à jour au fur et à mesure que de nouvelles mesures sont annoncées. N’hésitez pas à le consulter régulièrement pour prendre connaissance de l’actualité liée à l’enseignement obligatoire ! Le SIEP reste également à disposition pour toute question sur les études et formations.  

Vous pouvez également consulter nos articles pour se former à distance pendant le confinement :  

 

 

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